P.O.W.E.R tomahawk territory (CD / web)

P.O.W.E.R: Éric Normand, Catherine Savard-Massicotte, Dominic Gagnon : télévision, guitares, orgue, violon, micros.
+deux invités : Patrick-Guy Desjardins, guitare et Robin Servant, micros

C'est qui ? P.O.W.E.R un trio formé d'Éric Normand, de Catherine Savard-Massicotte et de Dominic Gagnon : télévision, guitares, orgue, violon, micros. Pour Tomahawk Territory deux invités : Patrick-Guy Desjardins, guitare et Robin Servant, micros.

C'est quoi? Une première parution de P.O.W.E.R . né en 2004, sur étiquette Tourdebras du nom d'un collectif de diffusion et de production de Rimouski qui risque d'étendre son territoire très bientôt.

Et quoi encore? Tomahawk Territory annonce :
« Performances/Programme de réhabilitation des parasites énergétiques ». Dès la première écoute on entend que l'instrumentation est dirigée non seulement vers la réhabilitation mais aussi vers la guérison des gros et petits parasites ici habilement et intelligemment récupérés. Les parasitages, débris, fragments, gestes bruitistes n'empêchent pas la transparence et la cohérence.

L'électricité comme instrument. Le territoire de P.O.W.E.R. est électrique et électronique, fait de télévisions, de moniteurs de téléphone, de guitares, de deux orgues, d'un violon électrique (home made), de radio, de jeu d'espion, de pick up et de piezzos, de pédales d'effets préparés, d'une basse. Le langage du flux électrique, parfois lisse, parfois granulé, rempli d'éclats, d'interférences, d'effets d'accumulations et de déviations assure une matière sonore toujours en mouvement.

Branchés? Oui, un ensemble exclusivement branchés. « Un mode de branchement pyramidal force la convergence des signaux vers une émission unique ». C'est écrit sur la pochette et ça s'entend avec les deux oreilles. Tout est dans tout. Tomahawk Territory se délecte à explorer et exploiter diverses applications de l'électricité.

Alors? Ce premier projet de P.O.W.E.R tient très bien la route au fil des quatre improvisations, dont deux ont été enregistrées live à Québec et à Bordeaux. Les deux autres pièces l'ont été en atelier. Certaines improvisations sont intégrales, d'autres ont profité de l'expertise de Dominic Gagnon, monteur et réalisateur de films expérimentaux, qui a exécuté le montage final dans un esprit cinématographique. Ce qui assure l'allure très dynamique de l'ensemble. Ce travail de finition dans l'assemblage reflète l'énergie et l'inventivité d'origine. Par le choix des instruments et certains timbres assez reconnaissables ou typés, on pense au travail de Kaffe Matthews, de Martin Tétreault, Günter Müller ou même d'Esther Bourdages, plus encore à Morceaux de Machines, le duo formé d'Érik Dorion et Aimé Dontigny. _Mais avant tout, P.O.W.E.R. propose sa propre musique.

Savent-ils vraiment jouer? Oui voilà. C'est justement ça. Les musiciens et artistes sonores de P.O.W.E.R savent jouer dans le sens le plus noble du mot jouer. Au fil des quatre pièces d'improvisation de Tomahawk Territory l'esprit de jeu les dirige. Improviser, c'est-à-dire s'approcher le plus près possible de la composition instantanée, c‘est risquer sa vie et celle de ceux qui nous écoutent . À chaque instant, écouter, proposer, savoir se retenir, oser avancer un son, imposer un niveau sonore ou un mouvement qui peut tout faire basculer ou tout propulser à l'avant. Dans Territory, une longue pièce de 11 minutes, les musiciens illustrent très bien leur capacité à mobiliser les énergies sonores de leurs consoles dans le but de soutenir ou de faire émerger un élément qui vient d'apparaître ou un musicien qui cherche à prendre la rondelle. Ce n'est pas une bataille, c'est une joute. Le jeu se doit d'être collectif et avec Tomahawk Territory , il l'est.

Une écoute électrique abonnée d'Hélène Prévost