Maggie Nicols + GGRIL

Le GGRIL et Maggie Nicols (UK) (improvisation orchestral/ voix
LE VIVIER (Montréal), 6 octobre, Le Gésu, 20h

Le grand groupe d'improvisateurs rimouskois invite une grande dame du chant et de la musique improvisé pour une exploration de la fragilité. Auprès de John Stevens, Maggie Nicols a fait sa plongée dans les musique en 1967. 50 ans plus tard, elle rencontre une horde d'hétéroclites québécois.

Le groupe interprétera également Organon, une oeuvre commandée à Isaiah Ceccarelli en 2016.

Première partie : JOKER (chorale bruitiste)

Fondée et dirigée par Joane Hétu depuis 2012, Joker est une chorale a cappella inusitée pour une douzaine de chanteurs-solistes. La chorale Joker explore les qualités de la texture et du timbre vocal, les paysages sonores, les motifs rythmiques, la poésie phonique et les sons extramusicaux comme le souffle, le babillage, les bruits de bouche. Joker s’intéresse aux sons marginaux, aux défaillances vocales, aux territoires périphériques, aux interstices entre les tons afin d’accéder à un chant choral, non pas par le biais du répertoire, mais par celui d’une langue à inventer. Joane Hétu dirige la chorale dans un contexte d’improvisation et de processus aléatoires, à l’aide d’une panoplie de signes où une très grande place est laissée à l’imaginaire des interprètes.

Compositrice, vocaliste et saxophoniste, Joane Hétu se taille, depuis plus de 30 ans, une place de choix sur la scène des musiques actuelles, au détour d’un parcours inusité. Autodidacte, elle a d’abord pratiqué la chanson au sein des groupes de rock actuel Wondeur Brass, Justine et Les Poules. Elle s’est tournée ensuite vers la composition (le triptyque évocateur Musique d’hiver, Filature et La femme territoire ou 21 fragments d’humus) et l’improvisation, combinant souvent ces deux approches dans des canevas d’improvisation. Elle codirige l’Ensemble SuperMusique qui a interprété plusieurs de ses œuvres. Elle co-anime la série Mercredimusics depuis 2002 et dirige depuis 2012 la chorale bruitiste Joker. Hétu a été récipiendaire du Freddie Stone Award 2006.

Genuinely praiseworthy are the tangled counterpoints (often of the involuntary kind) and a few remarkable harmonic fluctuations enriched by an indisputable human warmth.

Par Massimo Ricci in Touching Extremes (Italie), 25 décembre 2016

Née en Écosse vers la fin des années 40, la vocaliste Maggie Nicols est depuis presque 50 ans l’un des membres les plus actifs de la communauté des improvisateurs européens. Après avoir quitté l’école à l’adolescence pour travailler d’abord comme danseuse et ensuite comme chanteuse dans un club de strip-tease local et avoir vécu pendant quelque temps à Paris, Nicols, désormais devenue une chanteuse de jazz, a commencé à se produire partout au Royaume-Uni. En 1968 elle a rejoint les rangs du Spontaneous Music Ensemble, aux côtés de John Stevens, Johnny Dyani et Trevor Watts; autour de cette même période, Nicols a donné naissance au groupe vocal Voice avec ses collègues Brian Ely, Phil Minton et Julie Tippett. Militante feministe dès la fin des années 70, Nicols a cofondé OVA ainsi que le Feminist Improvising Group, avec Lindsay Cooper. Au fil des ans, elle a ainsi collaboré avec une pléthore de musiciennes, du Changing Women Theatre Group à Les Diaboliques, le trio qu’elle a longtemps animé avec la pianiste suisse Irène Schweizer et la contrebassiste française Joëlle Léandre. Maggie Nicols a joué dans bon nombre des plus importants festivals de musique créative de la planète et elle a travaillé avec une foule de collaborateurs, parmi lesquels le percussioniste Ken Hyder, le batteur Gunter "Baby" Sommer, le saxophoniste Lol Coxhill, la tromboniste Anna Marie Roelofs, l’Australian Relative Band, la Loverly Band, le Trevor Watts' Moire Music et Al Dente.

EN

Born in the late '40s in Scotland, avant-garde vocalist Maggie Nicols has been an active participant in the European improvisational community since joining the Spontaneous Music Ensemble in the late '60s.

After quitting school in her mid-teens to work as a dancer and then as a singer in a local strip club, as well as several months stay in Paris, Nicols became a dedicated jazz fan and began singing around Britain.

In 1968, she joined an early improvisational group, with John Stevens, Johnny Dyani, and Trevor Watts — the Spontaneous Music Ensemble; around this time, Nicols also formed a vocal group called Voice with fellow vocalists Brian Ely, Phil Minton, and Julie Tippett.

By the late '70s, Nicols became an active feminist and co-founded the group OVA, as well as the Feminist Improvising Group, with Lindsay Cooper. Over the years, Nicols has collaborated with other women's groups such as the Changing Women Theatre Group and collaborated regularly over the years with pianist Irene Schweizer and formidable bassist Joelle Leandre, including tours and recordings as the trio Les Diaboliques.

Maggie Nicols has performed internationally for several decades, including solo performances at the Moers Music Festival and a number of other creative and improvised music festivals. She has worked with a great many improvisers from all over the world including percussionist Ken Hyder, drummer Gunter "Baby" Sommer, saxophonist Lol Coxhill, trombonist Anna Marie Roelofs, the Australian Relative Band, the Loverly Band, Trevor Watts' Moire Music, and Al Dente.
« GGRIL is a kind of poststructuralist village band.(…) In the performance at FIMAV, it was apparent how thoroughly GGRIL has entered the elite of Québec’s musical avant-garde.» STUART BROOMER, Point od Departure ,USA, JANVIER 2014 . »

“LE GGRIL, a totally boss improvisationnal band working in the tradition of Butch Morris’ ensembles or Globe – larges masses of hard blown improvisation interwoven with more delicately wrought sounds, all done with a crazy energy level.” BYRON COLEY, The Wire (UK), septembre 2014

Le GGRIL est un grand ensemble d’improvisateurs venu d’une petite ville de l’est du Québec et réunissant une instrumentation bigarée et électrique: guitares électriques, cordes et percussions à l’avant pour une plongée ludique et crue en territoire libéré. Le GGRIL est actif depuis 2007 et, en plus de développer un répertoire personnel, a travaillé avec des musiciens de la trempe de Jean Derome, Xavier Charles (fr), Evan Parker (Uk) Michael Ficher (Au), et Ingrid Laubrock (Usa). L’ensemble est curieux et toujours à la recherche de nouvelles expériences musicales.
vidéo
J’ai écrit Organon pour le GGRIL en 2016. C’est une progression harmonique plutôt simple, sans mélodie, jouée par tout l’ensemble. Les musiciens jouent de leur propre instrument, bien sûr, mais ils doivent y ajouter des claviers, des bols de métal, des sacs de plastique et d’autres éléments « non musicaux ».

Les accords donnés forment l’ossature de la pièce. Ils sont joués par les instruments habituels et doublés par le maximum de claviers et d’autres instruments. Il faut maintenir un son « monumental, imposant et soutenu » (mais non agressif ou hors contrôle) pendant toute la pièce.

Il faut imaginer le son d’un grand orgue, d’un orchestre de 500 violes jouant à l’unisson, d’une vielle àroue, de plusieurs cloches sonnant en même temps, de crécelles, d’un crépitement, d’un feu de forêt... -Isaiah Ceccarelli